Depuis l'arrivée de l'IA, les métiers du développement on changé. Beaucoup d'ingénieurs logiciels et développeurs s'interrogent sur l'avenir de leur métier. Mais les interrogations touchent aussi les décideurs, qu'ils s'agissent de directeurs techniques, de recruteurs, de dirigeants.
Le sujet questionne évidemment plus largement que le seul écosystème opensource.
- Quentin Adam a largement communiqué sur le virage IA qu'il a insufflé dans Clever Cloud - une excellente interview que je vous conseille vivement de regarder.
- La communauté Debian a également voté pour se positionner autour de l'utilisation ou non de l'IA. De nombreuses projets libres ont pris position, pour, contre ou sans avis.
- Linus Torvalds a également pris position sur le sujet et sur ce qui est accepté dans le développement du noyau linux.
La réalité pragmatique est aussi peut-être simplement qu'on ne peut pas échapper à l'utilisation de l'IA si on veut assurer un minimum de sécurité dans les outils que l'on développe : si les attaquants l'utilisent (et c'est ce qu'ils font) pour découvrir des failles à exploiter, ne pas utiliser l'IA pour se protéger semble suicidaire.
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Mais ce qui me questionne aujourd'hui est plutôt quel avenir pour l'opensource ? Depuis quelques années déjà, ma perception est que la plupart des boîtes qui tournent bien en faisant de l'opensource :
- soit vendent du propriétaire via un modèle économique open-core,
- soit copient des logiciels propriétaires sans réelle innovation.
Évidemment, certaines entreprises ne rentrent pas dans l'une ou l'autre de ces catégories — mais elles restent rares.
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Avec l'arrivée de l'IA, on assiste à l'apparition de clones, au développement de solutions alternatives spécialisées ou de briques opensource produites à l'aide d'agents. Par exemple, comme je l'écrivais hier, le nombre de suites bureautiques opensource a quasiment doublé en 2026.
Pour se prémunir de cela des sociétés comme Stalwart Labs ont décidé de s'orienter vers un modèle « code public, tests privés ». L'idée est de ne pas donner tous les outils permettant de développer un clone. En clair : éviter le parasitisme - ce que certains (comme moi) voient aussi derrière « les performances » de Artcraft AI. Ce que montre toutefois Artcraft, c'est que la suite de tests n'est a priori pas nécessaire.
D'autres « vibe-codent » des solutions opensource mais ne publient pas leur infrastructure de travail (les harnais, les règles de pilotage des agents).
Tout cela est-il vraiment « dans l'esprit du logiciel libre » ?
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Aujourd'hui, la communauté #opensource est largement composée d'acteurs dont c'est le métier. Si historiquement on avait affaire à des passionnés qui prenaient sur leur temps de travail, aujourd'hui on a des gens qui cherchent à rentabiliser leurs activités. Ça me semble tout à fait légitime - c'est le fil conducteur que je me suis donné en créant Algoo en 2015.
En 10 ans, l'écosystème, les mentalités, la concurrence ont changé. Mais une perception reste : un clone gratuit est mieux qu'un original payant, même si l'original est opensource … Jusqu'à ce que le clone veuille, à son tour, devenir économiquement viable.
Et le problème est bien là.
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En mai 2023, Olivier Lambert, dirigeant de VATES évoquait le sujet du contrat moral autour de l'opensource sur son blog. Il évoquait la dimension politique de l'achat de logiciels en 2025 dans une interview sur solutions numériques
Personnellement, l'évolution de l'écosystème m'interroge. L'écosystème est-il condamné à réinventer ses briques en « vibe-coding » au lieu de progresser ? Pour quelles raisons produit-on (et aime-t-on) les logiciels libres ? Les nouvelles pratiques sont-elles fidèles à l'esprit de communauté, de partage de connaissances, de libération des utilisateurs ?